ALAI, América Latina en Movimiento
2009-06-26
EE.UU,Honduras
Pérez Esquivel aux Présidents des pays du continent américain
Adolfo Pérez Esquivel
Aux Présidents des Pays du Continent Américain,
Au Secrétaire Général de l’Organisation des Etats Américains (OEA),
Aux Eglises et aux mouvements et organisations populaire.
Voici que surgissent à nouveau dans le continent les coups d’état militaires appuyés par le Pentagone et la CIA et par les groupes de pouvoir économiques, ecclésiastiques et politiques qui n’admettent aucun changement et sont prêts pour cela à imposer à nouveau des gouvernements dictatoriaux dans les pays qui essayent d’établir des changements de structure, et de conquérir la souveraineté et l’auto détermination de leurs peuples.
Tout ceci, nous sommes en train de le vivre dans la République soeur du Honduras, victime d’un coup d’Etat réalisé par les forces armées et leurs alliés contre le gouvernement du Président Manuel Zelaya qu’ils ont fait prisonnier, puis qu’ils ont expulsé de son pays et qui se trouve actuellement au Costa Rica.
Le président du Costa Rica, Oscar Arias a assumé ses responsabilités dans la défense du gouvernement démocratique du Honduras en disant « que le coup d’Etat contre le gouvernement du Honduras représente un grand retour en arrière ». Il a exprimé sa solidarité avec le peuple frère hondurien et réclamé la restitution de la fonction présidentielle au Président Zelaya.
Nous aussi, nous répudions ce coup d’Etat contre le Président Manuel Zelaya et nous réclamons des actions urgentes de la part de l’OEA et de tous les gouvernements du continent pour faire respecter le droit et rétablir sans conditions dans ses fonctions présidentielle celui qui en a été privé. De plus, il faut aussi juger les militaires qui ont fait ce coup d’Etat ainsi que leurs complices. Ils ne peuvent rester dans l’impunité car ce sont des criminels qui, en rejetant la démocratie et les droits humains du peuple du Honduras, portent tort à tous les peuples du continent et du monde entier.
Nous demandons instamment au Président des Etats-Unis, Barak Obama, d’intervenir d’urgence pour que l’on respecte le peuple du Honduras et son Président démocratiquement élu. Il doit condamner ce coup d’Etat organisé par les forces armées du Honduras et par ceux qui les soutiennent.
C’est le moment pour le gouvernement des Etats-Unis de changer sa politique interventionniste dans le continent latino-américain et de respecter la volonté des peuples. Les forces armées ne peuvent agir sans le consentement du Pentagone et de la CIA et sans la complicité des entreprises et des secteurs ecclésiastiques et politiques qui ont toujours usé et abusé du pouvoir pour dominer le peuple.
Tous ces secteurs anti-démocratiques prétendent comme toujours imposer des conflits de basse intensité dans la région pour défendre leurs intérêts et éviter la souveraineté et l’autodétermination des peuples.
Nous demandons instamment à l’OEA de ne pas reconnaître le nouveau gouvernement imposé par ce coup d’Etat au Honduras et de restituer sa charge au Président Manuel Zelaya, légitimement élu par le peuple,.
Nous demandons aux mouvements et aux organisations populaires du continent et des autres pays solidaires :
- De dénoncer ce coup d’état militaire au Honduras
- De réclamer le rétablissement sans condition dans ses fonctions du Président Manuel Zelaya
Nous demandons que soient sanctionnes les militaires de ce coup d’état et leurs complices, qu’ils soient parlementaires, magistrats, chefs d’entreprises ou ecclésiastiques et qu’ils ne restent pas impunis.
Nous ne pouvons oublier qu’il reste encore dans ce continent des forces armées toujours imprégnées par la doctrine de la Sécurité Nationale, nostalgiques des dictatures et qui, au lieu d’être au service du peuple, se sont transformées en troupes d’occupation de leurs propres peuples, en violant les droits démocratiques et les droits humains..
Nous ne pouvons pas oublier que des secteurs anti-démocratiques ont aussi essayé d’imposer un coup d’Etat contre le régime légitime du Président Hugo Chavez de la République Bolivarienne du Vénézuela, et que c’est grâce aux actions et au soutien du peuple vénézuélien et de la solidarité internationale que son gouvernement lui a été restitué et qu’il est parvenu à mettre en déroute les acteurs de ce coup d’Etat.
Les magistrats du Tribunal Electoral, de la Cour de Justice et du Congrès doivent agir en accord avec la Constitution Nationale et respecter l’appel à la Consultation populaire sur la Réforme Constitutionnelle et les décisions démocratiques du gouvernement.
On ne peut reconnaitre et soutenir un coup d’état militaire contre un gouvernement constitutionnel sans agir de façon illégitime et sans mettre en péril toutes les démocraties du continent en soutenant un gouvernement immoral et illégitime.
Pour le droit des peuples à leur souveraineté et à leur autodétermination, nous disons :
«Non a tous les coups d’état militaires., ça suffit !!! »
Les peuples sont les constructeurs de leur propre vie et de leur propre histoire
- Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nóbel de la Paix
http://www.alainet.org/active/31355
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